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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 17:00

Je suis de ceux qui sont convaincus que l'ouverture des données publiques qui nous appartiennent sera vecteur de nombreuses innovations qui vont booster notre économie numérique et son écosystème, encore plus après les recherches effectuées pour publier le billet Open Data : Définition, état des lieux et perspectives.

Je relaierais dans ma rubrique Open Data toutes les initiatives qui oeuvrent pour que la France rattrape le retard important qu'elle a pris et c'est dans cet esprit que je relais le manifeste pour l'Open Data de la fondation iFRAP après avoir relayé celle de l'association France Libertés et du magazine 60 millions de consommateurs : Open Data citoyenne : l'exemple du prix de l'eau.

La fondation iFRAP a pour but d’effectuer des études et des recherches scientifiques sur l’efficacité des politiques publiques, de faire connaître le fruit de ces études à l’opinion publique, de proposer des mesures d’amélioration et de mener toutes les actions en vue de la mise en œuvre par le Gouvernement et le Parlement des mesures proposées. Reconnue d'utilité publique la fondation iFRAP analyse depuis 1985 l'efficacité des politiques publiques et des administrations afin de proposer des réformes concrètes.

OpenData logoLe manifeste de la fondation iFRAP « Les données publiques nous appartiennent » :

« Le décret signé de François Fillon qui affirme que l’accès aux données publiques doit être gratuit et ouvert à tous est un premier pas en avant mais, étant donné que nos administrations sont très réticentes à ouvrir leurs bases, la liste risque d’être longue des exceptions à la règle de transparence prévue pour le nouveau décret du 26 mai 2011 (INSEE, EPIC, Culture, données sanitaires et géographiques etc…).

Aujourd’hui, les citoyens ont soif de connaissance notamment sur la performance de leurs services publics mais aussi sur l’accès à ces services et de pouvoir participer à leur optimisation ou en inventer de nouveaux : dans quel hôpital se faire soigner, dans quelle école inscrire ses enfants, quel taux de réussite aux examens, comment rationaliser ses déplacements, retrouver un ami, améliorer l’accompagnement des handicaps, comment mieux consommer ? ; quel taux d’infections nosocomiales, quelle présence des députés dans l’hémicycle, quels bilans budgétaires et sociaux, quels salaires publics ?… Autant de questions pour lesquelles les réponses ne sont pas simples (ou impossibles) à trouver.

Or, devant cette révolution en marche, la France paraît pour le moment étrangement à la traîne car les ministères sont encore très partagés entre la diffusion la plus libre de leurs données (et la reconnaissance de la valeur de leurs missions) et la culture du secret.

En Suède, pays qui possède le plus vieux droit d’accès aux documents administratifs (1766), il n’existe pas comme en France, de secret relatif aux délibérations du gouvernement. Les personnes travaillant dans la sphère publique disposent de la liberté d’expression et de la liberté de publication. Le délai moyen de réponse pour la communication d’une donnée ou d’un document est généralement de 2 jours. En cas de refus, le citoyen pourra saisir l’Ombudsman du Parlement.

Aux États-Unis, Barack Obama a lancé en décembre 2009 l’Open Government Directive (OGD) et le site Data.gov réunit actuellement près de 307.100 bases de données, en libre utilisation. Par ailleurs, 113 municipalités ont décidé d’ouvrir les données consacrées aux transports publics permettant la création d’applications de géolocalisation dans des villes comme New York ou San Francisco. En Grande-Bretagne, David Cameron a même lancé une politique de transparence sans précédent : mise en ligne des noms et des salaires des fonctionnaires supérieurs à 150.000 livres, mais aussi publication de données économiques et fiscales, géographiques, etc.

Enfin en Australie, la prise en compte de l’importance des données publiques sur le plan de l’économie et de la gouvernance publique s’est traduite par la mise en place d’une approche globale de « gouvernement ouvert » (Open Government) à la suite des travaux en 2009 de la government 2.0 Taskforce, conduisant à la création d’un site de diffusion des données publiques data.gov.au et à une réforme substantielle de la législation sur le libre accès aux documents administratifs (freedom of Information) qui a tenté de conjuguer les approches canadienne, américaine et anglaise pour en faire l’une des plus libérales du monde.

Avant le décret du 26 mai 2011, promouvant un principe général de gratuité des données publiques, l’orientation française en la matière était plutôt celle du « tout-payant », en complet décalage avec la démarche résolument gratuite et associative de l’« open data » dans les pays anglo-saxons et scandinaves. Le décret et la mission Etalab qui vient d’être lancée, visent à mettre, à disposition de tous, les données publiques par l’intermédiaire d’un portail unique à l’instar de ses homologues américain et britannique.

Le libre accès à ces données publiques permettra de créer de nouveaux services d’information pour les citoyens, de créer de nouvelles entreprises à fort potentiel de croissance et donc des emplois (soit un potentiel économique de l’ordre de 27 milliards d’euros pour l’Europe), mais aussi de réformer notre administration et de faire participer tout individu plus directement à la décision publique.

Reste à savoir quelle sera l’importance de la liste des données qui demeureront faiblement exploitables car restant confidentielles ou demeurant payantes. Et pour celles qui seront libres, il faudra s’interroger sur la généralisation de licences de réutilisation gratuites et aisées d’utilisation (en un clic), afin de ne pas entraver usagers, professionnels et développeurs.

L’Opinion publique réclame une ouverture des données généralisée, la révolution de l’open data ne doit pas se faire sans la France. »

Je vous invite à soutenir le manifeste la fondation iFRAP « Les données publiques nous appartiennent » sur cette page : http://www.ifrap.org/Manifeste-Open-Data-Les-donnees-publiques-nous-appartiennent,12159.html

Merci à la fondation iFRAP de m'avoir informé de ce manifeste par son commentaire.

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Publié par Julien Bonnel - dans Open Data
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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 07:00

Comme abordé dans l'article Open Data : Définition, état des lieux et perspectives, la France a pris un retard certain sur le développement de l'Open Data avec des impacts sur notre économie numérique privée d'innovations liées à l'utilisation des données publiques et sur nous citoyens privés de données que nous sommes en droit d'attendre.

Un exemple parmi tant d'autres : le prix de l'eau soumis à des contrats locaux souvent opaques qui génèrent des écarts de prix importants entre communes et trouver des informations sur le prix du service de l'eau relève du parcours du combattant malgré que la loi prévoit que chaque citoyen puisse accéder aux informations sur l'eau qui coule de son robinet via 40 indicateurs : prix, qualité, performance du service, etc. !

Malgré la création d'un observatoire de l'eau au sein de l'Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques en 2008 : seules 5% des collectivités ont transmis leurs données en 2011 ce qui correspond à 24% de la population !

Une situation préoccupante lorsque l'on sait que d'ici 2015, 75% des contrats de gestion de service de l'eau seront renégociés !

Dans ce contexte et à l'occasion de la Journée Mondiale de l'eau 2011, l'association France Libertés et le magazine 60 millions de consommateurs ont lancé le site Prix de l'eau qui cartographie les tarifs de l'eau pratiqués grâce la participation d'internautes qui renseignent sur le site les montants du m3, de l'abonnement et de l'assainissement en y joignant une facture scannée et anonymisée. Chaque citoyen participant devient un porteur d'eau qui acquière des points à chaque contribution, les meilleurs participants qui atteignent le dernier niveau ont accès à l'interface d'administration permettant de contrôler et valider les contributions des autres porteurs d'eau. Le site met également à disposition un courrier type permettant de demander à sa commune de communiquer les 40 indicateurs concernant l'eau conformément aux lois en vigueur.

Une grande enquête analysant les données recueillies sera publiée en mars 2012.

Au moment où je poste ce billet 7 502 porteurs d'eau participent à l'opération ce qui reste insuffisant vis à vis des enjeux !

Pour plus de détails et devenir un porteur d'eau : www.prixdeleau.fr

Merci à l'association France Libertés d'avoir réagi sur mon billet Open Data : Définition, état des lieux et perspectives  pour m'informer de cette Open Data citoyenne via son compte Twitter @Francelibertes.

prixdeleau 20110616

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Publié par Julien Bonnel - dans Open Data
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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 06:55

OpenData logoCi-dessous une présentation très complète de l'Open Data par LiberTIC qui en donne la définition, en dresse un état des lieux et détaille les perspectives associées à son développement.

Les éléments clés que je retiens :

  • L'Open Data désigne le mouvement visant à rendre accessible à tous via le web les données publiques non nominatives ne relevant ni de la vie privée et ni la sécurité collectées par les organismes public
  • Le W3C en charge du développement du Web a publié ses premières recommandations concernant le partage des données publiques gouvernementales en septembre 2009 : Publishing Open Government Data (W3C Working Draft 8 September 2009)
  • Afin que les données publiques soient accessibles au plus grand nombre, elles devraient être sous licence gratuite
    • C'est vrai dans beaucoup de pays (USA, UK, Nouvelle-Zélande, Australie, Espagne ...) : aux Etats-Unis toute création d'un organisme public tombe automatiquement dans le domaine public
    • C'est beaucoup moins vrai en France ! 2 exemples parmi tant d'autres : pour accéder aux immatriculations ou au prix de l'essence : il faut payer une licence d'accès
  • Les atouts de l'Open Data
    • plus de transparence et donc plus de démocratie et de confiance
    • plus d'information et donc plus de compréhension et de participation
    • plus d'implications et donc plus d'échanges et d'amélioration
    • Source d'Innovation par la transversabilité et la superposition d'informations : les données publiques permettent à des professionnels ou des bénévoles de s'en emparer pour créer de nouvelles informations, de nouvelles connaissances et de nouveaux usages
  • Les arguments qui plaident en faveur de l'Open Data
    • Les données sont collectées à partir de l'argent public : il est normal qu'elles soient accessibles et utilisables par tous
    • Les données et le savoir doivent appartenir à l'humanité sans restriction, spécialement les données scientifiques et environnementales
    • L'accessibilité des données dans le domaine scientifique augmente le taux de découvertes
    • Les données représentent des faits et il ne devrait pas y avoir de copyrights sur les faits
  • Des exemples d'utilisation de données publiques au service de l'Innovation
    • En ouvrant leurs données sur les informations locales, les collectivités peuvent profiter d'applications informatives en temps réel pour les citoyens développées gratuitement par la communauté
    • L'ouverture de données touristiques permet de développer des applications de mise en valeur du territoire
    • L'ouverture des données sur la localisation et les espèces d'arbres permettent le développement d'applications d'information et de prévention des allergies
  • Des plateformes Open Data opérationnelles en 2011
  • Des retours d'expérience de projets Open Data démontrent des ROI et gains importants : 62 millions d'euros pour le projet Open Data danois, 2,6 millions de dollars pour la communauté basque ou 2 millions de dollars pour Washington
  • La croissance de l'Internet mobile est une opportunité pour l'Open Data

 

La présentation complète pour presque tout savoir sur l'Open Data :

Depuis la parution de cette présentation en septembre 2010, la situation en France a peu évolué : la France est en retard sur le déploiement de l'Open Data et continue à facturer l'accès à des données publiques !

Ce billet introduit la nouvelle rubrique Open Data, dans laquelle je suivrais et soutiendrais les projets Open Data.

Dans les prochains billets, je mettrais en valeur des initiatives et projets qui oeuvrent au développement de l'Open Data français comme :

 

La carte un peu vide des initiatives Open Data en France :

OpenDataFrance 2011

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Publié par Julien Bonnel - dans Open Data
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